Comment adapter sa routine santé pendant les fortes chaleurs ?

Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et intenses en France, avec des températures qui dépassent régulièrement les seuils critiques établis par Météo-France. Cette réalité climatique impose une adaptation immédiate de nos habitudes de vie pour préserver notre santé. L’organisme humain dispose certes de mécanismes naturels de thermorégulation, mais ces derniers peuvent rapidement être dépassés lors d’épisodes caniculaires prolongés.

Les conséquences sur la santé publique sont désormais bien documentées : déshydratation, hyperthermie, troubles cardiovasculaires et augmentation significative de la mortalité. Santé publique France a d’ailleurs lancé la campagne « Vivre avec la chaleur » pour sensibiliser la population aux risques thermiques. Cette problématique dépasse largement le simple inconfort estival et nécessite une approche scientifique rigoureuse pour optimiser nos stratégies d’adaptation physiologique et comportementale.

Physiologie de la thermorégulation corporelle en période caniculaire

L’organisme humain maintient sa température interne autour de 37°C grâce à un système complexe de thermorégulation orchestré par l’hypothalamus. Cette structure cérébrale agit comme un véritable thermostat biologique, détectant les variations thermiques et déclenchant les mécanismes compensatoires appropriés. Lorsque la température ambiante s’élève, plusieurs processus physiologiques s’activent simultanément pour évacuer l’excès de chaleur corporelle.

Mécanismes de sudation et équilibre hydro-électrolytique

La transpiration représente le principal mécanisme de refroidissement du corps humain, capable d’évacuer jusqu’à 600 kilocalories par litre de sueur produite. Les glandes sudoripares eccrines, réparties sur l’ensemble de la surface cutanée, libèrent un mélange d’eau et d’électrolytes dont l’évaporation permet le refroidissement par changement d’état. Cette production sudorale peut atteindre 2 à 3 litres par heure chez un individu acclimaté lors d’efforts soutenus en ambiance chaude.

L’efficacité de ce processus dépend étroitement du taux d’humidité relative de l’air ambiant. En effet, l’évaporation devient impossible lorsque l’atmosphère est saturée en vapeur d’eau, créant des conditions particulièrement dangereuses même à des températures modérées. C’est pourquoi l’indice de Wet Bulb Globe Temperature (WBGT) constitue un indicateur plus fiable que la simple température sèche pour évaluer le stress thermique.

Vasodilatation périphérique et adaptation cardiovasculaire

Parallèlement à la sudation, l’organisme déclenche une vasodilatation des vaisseaux sanguins cutanés pour augmenter les échanges thermiques avec l’environnement. Cette redistribution du flux sanguin vers la périphérie sollicite intensément le système cardiovasculaire, qui doit maintenir la perfusion des organes vitaux tout en assurant le refroidissement corporel.

Le débit cardiaque peut ainsi augmenter de 15 à 25% lors d’expositions prolongées à la chaleur, générant un stress physiologique considérable chez les personnes présentant des pathologies cardiovasculaires préexistantes. Cette adaptation explique pourquoi les cardiopathes figurent parmi les populations les plus vulnérables lors des épisodes caniculaires, avec un risque accru de décompensation cardiaque et d’accidents vasculaires.

Dysfonctionnements thermorég

ulateurs : hyperthermie et coup de chaleur

Lorsque les capacités de dissipation de chaleur sont dépassées, la température centrale commence à s’élever au-delà de 38,5‑39°C. On parle alors d’hyperthermie, qui se manifeste par une sensation de chaleur intense, des maux de tête, des nausées, une grande fatigue et parfois des troubles du comportement. Contrairement à la fièvre infectieuse, cette hausse de température n’est pas liée à un agent pathogène mais à un défaut d’évacuation thermique.

Le stade le plus grave est le coup de chaleur, défini classiquement par une température centrale supérieure à 40°C associée à des signes neurologiques (confusion, agitation, perte de connaissance). La peau devient chaude, rouge et souvent sèche car la sudation s’interrompt, les mécanismes de défense étant totalement débordés. Sans prise en charge médicale urgente (refroidissement rapide, réhydratation, surveillance cardio-respiratoire), le pronostic vital est engagé, en particulier chez les personnes âgées, les nourrissons et les sujets atteints de maladies chroniques.

Entre ces deux extrêmes, on observe une large palette de dysfonctionnements thermorégulateurs : crampes de chaleur, épuisement par la chaleur, déshydratation sévère. Ils doivent être considérés comme de véritables signaux d’alarme vous invitant à adapter immédiatement votre routine santé : arrêt de l’effort, recherche d’un lieu frais, hydratation régulière, refroidissement cutané par eau ou brumisation. Attendre que « ça passe tout seul » est une erreur fréquente qui peut précipiter l’évolution vers le coup de chaleur.

Variations circadiennes de la température corporelle en climat chaud

La température corporelle suit un rythme circadien, avec un minimum généralement observé en fin de nuit et un maximum en fin d’après-midi. En climat chaud, ce profil se superpose aux variations de la température extérieure, ce qui accentue le stress thermique entre 12h et 18h. Autrement dit, votre organisme atteint son pic de température interne précisément au moment où l’environnement est le plus chaud, ce qui explique la fréquence accrue des malaises dans cette tranche horaire.

Adapter sa routine santé consiste donc aussi à jouer avec cette horloge biologique. Les efforts physiques intenses, les déplacements prolongés en extérieur ou les tâches professionnelles les plus exigeantes devraient être programmés, autant que possible, le matin tôt ou en soirée. À l’inverse, la plage horaire centrale de la journée doit être réservée aux activités calmes, dans un environnement ombragé ou climatisé. Cette synchronisation fine avec votre chronobiologie permet de limiter la charge thermique globale supportée par l’organisme.

Par ailleurs, les « nuits tropicales », lorsque la température ne descend pas sous les 20‑22°C, perturbent la baisse nocturne normale de la température interne, indispensable à un sommeil réparateur. Le corps ne « redescend » plus en température et accumule la fatigue jour après jour. C’est pourquoi la récupération nocturne devient un axe majeur de votre stratégie d’adaptation : ventilation efficace, rafraîchissement du logement, douche tiède avant le coucher et hydratation maîtrisée sont autant de leviers pour aider votre organisme à retrouver ce gradient thermique nocturne protecteur.

Stratégies d’hydratation optimisée selon l’indice de wet bulb globe temperature

L’indice de Wet Bulb Globe Temperature (WBGT) combine température de l’air, humidité, rayonnement solaire et vitesse du vent pour évaluer le stress thermique réel. Plus il est élevé, plus la capacité de refroidissement par évaporation de la sueur est limitée et plus le risque de déshydratation et de coup de chaleur augmente. Adapter votre hydratation en fonction du WBGT, plutôt que de la seule température affichée au thermomètre, permet de mieux protéger votre santé pendant les fortes chaleurs.

Concrètement, lorsque le WBGT dépasse 28‑30°C (valeurs fréquemment atteintes lors des épisodes caniculaires en France), les recommandations internationales préconisent de renforcer la fréquence et la quantité des apports hydriques, en particulier chez les travailleurs en extérieur, les sportifs et les personnes âgées. Vous pouvez considérer cet indice comme un « feu tricolore » hydrique : en zone verte, l’hydratation habituelle suffit ; en zone orange, des apports plus réguliers sont indispensables ; en zone rouge, l’exposition et l’effort doivent être réduits et l’hydratation devient une priorité absolue.

Protocoles de réhydratation pré-effort et per-effort

Entrer dans un environnement chaud déjà légèrement déshydraté revient à commencer un marathon avec plusieurs kilomètres de retard. Un protocole de pré-hydratation est donc essentiel, notamment si vous prévoyez une activité physique (travail manuel, sport, déménagement). Deux à trois heures avant l’effort, il est recommandé de boire environ 5 à 7 ml/kg de poids corporel, soit 350 à 500 ml pour une personne de 70 kg, idéalement répartis en plusieurs prises pour optimiser l’absorption.

Durant l’effort (per-effort), la stratégie consiste à compenser au mieux les pertes sudorales sans attendre la sensation de soif, qui est un signal tardif de déshydratation. Selon l’intensité de l’activité et le WBGT, l’apport recommandé varie en général entre 400 et 800 ml par heure, fractionnés toutes les 10 à 20 minutes. Vous pouvez vous fixer un repère simple : quelques gorgées régulières à la montre ou à chaque changement de tâche, plutôt qu’un grand verre en une seule fois.

Après l’effort, la réhydratation post-effort doit viser à reconstituer les pertes dans les 2 à 4 heures qui suivent, en visant un volume de boisson égal à 125‑150 % du poids perdu (1 kg perdu = environ 1 litre de sueur). Se peser avant et après une activité intense peut ainsi devenir un outil très concret pour ajuster votre hydratation en période caniculaire, surtout si vous êtes sportif régulier ou travailleur exposé.

Solutions électrolytiques isotoniques versus hypotoniques

Toutes les boissons ne se valent pas pour s’hydrater efficacement durant les fortes chaleurs. Les solutions isotoniques présentent une concentration en électrolytes et en glucides proche de celle du plasma sanguin, ce qui favorise une absorption rapide de l’eau et des minéraux (sodium, potassium, chlorure). Elles sont particulièrement adaptées aux efforts prolongés avec forte sudation, notamment lorsque le WBGT est élevé et que l’on transpire abondamment pendant plus d’une heure.

Les boissons hypotoniques, moins concentrées en solutés que le plasma (eau légèrement aromatisée, certaines eaux minérales faiblement minéralisées), sont en revanche très intéressantes pour l’hydratation au long cours de la vie quotidienne, surtout si vous avez une alimentation variée qui couvre déjà vos besoins en électrolytes. Elles permettent d’augmenter les apports hydriques sans surcharge en sucres simples ni en sodium, ce qui peut être un avantage en cas d’hypertension artérielle ou de régime contrôlé.

Comment choisir concrètement ? Dans la plupart des situations de la vie quotidienne en période de fortes chaleurs, de l’eau plate ou pétillante, associée à une alimentation équilibrée riche en fruits et légumes, reste la meilleure boisson. Les solutions isotoniques trouvent leur place chez les sportifs, les travailleurs de chantier, les agriculteurs ou les personnes très exposées, pour éviter la chute de sodium liée à des pertes sudorales massives. En revanche, les sodas sucrés et les boissons alcoolisées, souvent consommés « pour se rafraîchir », aggravent en réalité la déshydratation et devraient être limitées.

Surveillance des marqueurs urinaires de déshydratation

Vous n’avez pas de laboratoire sous la main en plein été, mais vous disposez d’un indicateur simple et fiable : vos urines. Leur couleur, leur volume et leur fréquence d’émission constituent des marqueurs pratiques de votre état d’hydratation. Des urines claires, abondantes et émises 5 à 7 fois par jour traduisent en général une hydratation correcte. À l’inverse, des urines foncées, concentrées, en faible volume et espacées dans le temps sont le signe que votre organisme manque d’eau.

Une échelle de couleur urinaire, souvent utilisée dans le milieu sportif, peut vous aider : si la teinte dépasse celle d’un jaune paille soutenu, il est temps d’augmenter vos apports hydriques. Bien sûr, certains médicaments, compléments alimentaires (vitamine B2) ou aliments (betterave) peuvent modifier l’aspect des urines ; il est donc utile de tenir compte du contexte global. Mais en période caniculaire, se poser chaque jour la question « quelle est la couleur de mes urines ? » est un réflexe simple pour ajuster votre hydratation.

Chez les personnes âgées, la surveillance est plus délicate car la sensation de soif est émoussée et l’accès aux toilettes peut être limité par des problèmes de mobilité. Dans ce contexte, encourager des prises régulières d’eau, proposer des boissons variées (eaux aromatisées maison, infusions refroidies, soupes froides) et vérifier discrètement la fréquence des passages aux toilettes font partie intégrante d’une routine santé estivale efficace.

Timing d’hydratation selon les phases d’activité physique

Boire « quand on y pense » n’est plus suffisant lorsque le thermomètre grimpe. Structurer votre hydratation autour des différentes phases de la journée et de vos activités physiques permet de mieux anticiper les besoins. Avant l’activité, comme nous l’avons vu, il s’agit de partir avec un capital hydrique suffisant. Pendant l’effort, l’objectif est d’éviter un déficit cumulé supérieur à 2 % du poids corporel, seuil à partir duquel les performances chutent et le risque de coup de chaleur augmente.

Après l’activité, la fenêtre de récupération est cruciale : l’organisme reste en situation de stress thermique résiduel pendant plusieurs heures, avec une sudation qui se prolonge parfois après l’arrêt de l’effort. C’est pourquoi il est recommandé de continuer à boire régulièrement, même si la sensation de soif diminue. Vous pouvez par exemple conserver la règle « un verre d’eau à chaque heure » pendant les deux à trois heures suivant un effort soutenu en ambiance chaude.

Dans le cadre d’une journée de travail ou de loisirs sans sport intense, la logique est comparable : un verre au réveil pour compenser la perte hydrique nocturne, un apport à chaque repas, et des prises intermédiaires toutes les 1 à 2 heures, adaptées à la chaleur ambiante et à votre ressenti. Imaginez votre hydratation comme un goutte-à-goutte constant plutôt qu’un orage ponctuel : c’est cette régularité qui protège vos reins, votre cœur et votre cerveau pendant les vagues de chaleur.

Modification de l’activité physique selon les seuils thermiques critiques

Adapter son activité physique pendant les fortes chaleurs ne signifie pas renoncer au mouvement, mais apprendre à le doser intelligemment. Les organismes de santé et les fédérations sportives utilisent des seuils thermiques – souvent basés sur le WBGT – pour recommander des ajustements d’intensité, de durée et d’horaire. Au-delà de certains seuils, notamment lorsque la combinaison chaleur-humidité devient extrême, les efforts intenses devraient être reportés ou annulés, en particulier pour les publics fragiles.

Concrètement, lorsque la température dépasse 30°C avec un fort ensoleillement, il est préférable de déplacer vos séances sportives tôt le matin (avant 9h) ou en soirée (après 19h), voire de les réaliser en intérieur dans un environnement ventilé. Les activités d’endurance modérée (marche rapide, vélo tranquille, natation) sont à privilégier par rapport aux efforts explosifs ou de longue durée, qui génèrent davantage de chaleur interne. Si vous travaillez en extérieur, négocier un aménagement des horaires avec votre employeur, comme le prévoit la réglementation, peut réduire significativement la charge thermique.

Par ailleurs, la progression doit être plus graduelle qu’en temps normal : laisser à votre organisme 10 à 14 jours pour s’acclimater à la chaleur en augmentant progressivement la durée et l’intensité des séances limite le risque de malaise. Un signe simple doit guider vos décisions : si votre fréquence cardiaque reste inhabituellement élevée pour un effort donné, si vous ressentez des vertiges, des maux de tête ou une fatigue anormale, il est temps de ralentir, de vous mettre à l’ombre et de vous réhydrater. La performance peut attendre, votre sécurité non.

Nutrition thermoadaptée et chronobiologie alimentaire estivale

La chaleur modifie en profondeur votre métabolisme et vos comportements alimentaires : appétit diminué, aversion pour les plats chauds, augmentation spontanée de la consommation de boissons sucrées ou de glaces. Adapter votre nutrition à ces nouvelles contraintes permet non seulement de mieux supporter les fortes chaleurs, mais aussi de maintenir vos apports en nutriments essentiels malgré la baisse potentielle des quantités ingérées. L’idée n’est pas de suivre un « régime spécial canicule », mais d’ajuster la qualité, la densité hydrique et le timing de vos prises alimentaires.

La chronobiologie alimentaire occupe ici une place centrale. En période estivale, il est pertinent de déplacer la majorité des apports caloriques vers les moments les plus frais de la journée : petit-déjeuner renforcé et dîner modérément riche, tandis que le déjeuner, pris aux heures chaudes, gagne à être plus léger. Cette organisation limite la charge digestive au moment où votre organisme est déjà fortement sollicité par la thermorégulation, réduisant la sensation de lourdeur et la somnolence post-prandiale.

Aliments thermogéniques versus thermolytiques dans l’alimentation

Certains aliments ont un effet thermogénique marqué, c’est-à-dire qu’ils augmentent la production de chaleur interne liée à la digestion (viandes grasses, plats très protéinés, fritures, repas très copieux). D’autres, au contraire, sont dits thermolytiques car ils apportent beaucoup d’eau, de fibres et de micronutriments pour une charge calorique modérée, favorisant une meilleure dissipation de la chaleur (fruits et légumes frais, soupes froides, laitages légers). En période caniculaire, il est logique de réduire la part des premiers au profit des seconds.

Concrètement, privilégiez les salades composées riches en légumes colorés (tomates, concombres, poivrons, courgettes), agrémentées de protéines maigres (poisson, œufs, légumineuses) et de bonnes graisses en quantité modérée (huile d’olive, de colza). Les fruits riches en eau comme la pastèque, le melon, les agrumes, les pêches ou les prunes contribuent à l’hydratation tout en apportant vitamines et antioxydants. À l’inverse, les repas très gras, les viandes en sauce, la charcuterie et les fast-foods majorent la thermogenèse et compliquent la régulation de la température corporelle.

Faut-il pour autant bannir totalement les boissons chaudes, comme le suggèrent parfois certaines croyances populaires ? Les études montrent que dans un environnement où la transpiration peut s’évaporer efficacement, une boisson chaude peut paradoxalement augmenter le refroidissement en stimulant la sudation. Mais sous nos latitudes, avec une humidité parfois élevée et un accès variable à l’ombre, il est plus prudent de privilégier les boissons fraîches (mais non glacées) pour éviter un choc thermique digestif et une vasoconstriction brutale.

Micronutriments essentiels : magnésium, potassium et vitamines hydrosolubles

La sudation abondante ne fait pas perdre que de l’eau : elle entraîne aussi une fuite d’électrolytes (sodium, potassium, magnésium) et de vitamines hydrosolubles (vitamines du groupe B, vitamine C) qui jouent un rôle clé dans la contraction musculaire, la conduction nerveuse et la production d’énergie. En période de fortes chaleurs, veiller à la qualité micronutritionnelle de votre alimentation est donc aussi important que de « boire beaucoup d’eau ».

Le potassium se trouve en abondance dans les fruits et légumes frais (bananes, abricots, épinards, tomates), dans les légumineuses et certains fruits secs. Le magnésium, quant à lui, est apporté par les oléagineux (amandes, noix, noisettes), les céréales complètes, les légumes verts et certaines eaux minérales. Quant aux vitamines hydrosolubles, elles abondent dans les végétaux frais, les herbes aromatiques, les agrumes et les produits céréaliers peu raffinés.

Dans la majorité des cas, une alimentation variée et colorée suffit à couvrir les besoins, même en période de chaleur. Cependant, certains profils – personnes âgées ayant peu d’appétit, sportifs intensifs, travailleurs exposés, patients polymédiqués – peuvent bénéficier d’un avis médical pour discuter d’une éventuelle complémentation ciblée. Autre point de vigilance : en cas de régime restrictif ou de pathologie rénale ou cardiaque, n’augmentez jamais de votre propre initiative vos apports en sels minéraux sans avis professionnel.

Fractionnement des repas et métabolisme en période de stress thermique

Lorsque le mercure grimpe, de nombreuses personnes constatent une baisse de l’appétit, voire des nausées légères à l’idée de consommer un repas chaud et consistant. Plutôt que de forcer et risquer un inconfort digestif, il est plus judicieux de fractionner l’alimentation en plusieurs petites prises au cours de la journée. Quatre à cinq petits repas ou collations légères permettent de maintenir un apport énergétique et protéique suffisant sans surcharger l’appareil digestif à un moment donné.

Sur le plan métabolique, ce fractionnement limite la thermogenèse post-prandiale, c’est-à-dire la production de chaleur liée à la digestion, à l’absorption et au métabolisme des nutriments. En réduisant l’ampleur de ces « pics » post-repas, vous facilitez le travail de votre système de thermorégulation, déjà très sollicité par l’environnement. De plus, cette stratégie s’accorde bien avec une hydratation régulière : chaque collation est l’occasion d’associer un apport liquide (eau, infusion froide, soupe froide) à un apport solide léger.

Une organisation possible, à adapter à vos habitudes, pourrait être la suivante : petit-déjeuner consistant tôt le matin, collation hydratante en milieu de matinée (fruit + yaourt), déjeuner plus léger aux heures chaudes, collation en fin d’après-midi (crudités + oléagineux) et dîner modéré en soirée. L’important est de maintenir une quantité suffisante de protéines (en particulier chez les personnes âgées) pour préserver la masse musculaire, tout en évitant les gros volumes alimentaires en une seule prise.

Protection cutanée avancée contre les rayonnements UV-A et UV-B

En période de fortes chaleurs, la composante « chaleur » ne doit pas faire oublier la composante « rayonnement solaire ». Les UV‑A et UV‑B traversent les nuages, se reflètent sur l’eau, le sable ou les façades claires et participent à la fois au vieillissement cutané accéléré, aux coups de soleil et au risque de cancer de la peau. Adapter votre routine santé estivale implique donc une stratégie de photoprotection avancée, complémentaire à la régulation thermique.

Les UV‑B sont principalement responsables des érythèmes solaires (coups de soleil), tandis que les UV‑A pénètrent plus profondément dans le derme et contribuent au stress oxydatif et au vieillissement prématuré. Un indice de protection solaire (SPF) élevé (au moins 30, idéalement 50) avec protection « large spectre » contre les UV‑A et UV‑B est recommandé pour toute exposition prolongée, même en ville. L’application doit être généreuse (2 mg/cm², soit environ une cuillère à café pour le visage et le cou) et renouvelée toutes les deux heures, ainsi qu’après chaque baignade ou épisode de forte sudation.

Cependant, la crème solaire n’est qu’un maillon de la chaîne. Les vêtements couvrants à mailles serrées, de couleur claire, les chapeaux à larges bords et les lunettes de soleil filtrant 100 % des UV constituent une barrière physique très efficace, particulièrement utile pour les personnes à peau claire, les enfants et les seniors. Dans la mesure du possible, il est préférable d’éviter l’exposition directe entre 12h et 16h, horaires où l’indice UV atteint ses valeurs maximales. Vous pouvez considérer l’ombre dense comme votre « habitat naturel » durant ces heures critiques.

Enfin, n’oublions pas l’interaction entre chaleur, UV et certains traitements médicamenteux (antibiotiques, anti-inflammatoires, psychotropes, diurétiques) qui peuvent provoquer des réactions de photosensibilisation ou altérer les mécanismes de sudation. En cas de doute, un échange avec votre médecin ou votre pharmacien en début d’été permet d’anticiper les adaptations nécessaires (horaires de prise, dosage, équipements de protection renforcés). Vous protégez ainsi à la fois votre peau et l’efficacité de vos traitements.

Techniques de refroidissement passif et actif pour l’habitat

Votre logement joue un rôle majeur dans votre capacité à récupérer la nuit et à limiter la charge thermique globale pendant les vagues de chaleur. On distingue classiquement les techniques de refroidissement passif, qui visent à limiter l’accumulation de chaleur, et les techniques de refroidissement actif, qui cherchent à dissiper la chaleur déjà présente. Combiner intelligemment ces deux approches permet de transformer votre habitat en véritable refuge thermique, même en l’absence de climatisation.

Le refroidissement passif repose sur quelques principes simples : bloquer le rayonnement solaire direct, favoriser l’inertie thermique et optimiser la ventilation naturelle. Fermer volets, stores ou rideaux du côté du soleil dès le matin, maintenir les fenêtres fermées lorsque la température extérieure dépasse celle de votre intérieur, et les ouvrir en grand dès que l’air se rafraîchit en fin de journée sont des réflexes incontournables. L’utilisation de films anti-chaleur sur les vitrages les plus exposés, de auvents, de végétation (plantes en pot, treilles, arbres) peut réduire significativement la température intérieure en limitant les apports solaires.

Le refroidissement actif, quant à lui, consiste à extraire la chaleur accumulée et à renforcer les sensations de fraîcheur. En l’absence de climatisation, le duo ventilateur + évaporation d’eau est particulièrement efficace : disposer un linge humide ou un récipient d’eau devant un flux d’air, prendre des douches tièdes régulières, utiliser un brumisateur sur les zones riches en vaisseaux (nuque, coudes, poignets, chevilles) contribuent à abaisser la température ressentie. Pensez à créer des « pièces refuges » : une chambre ou un salon où vous concentrez vos efforts de rafraîchissement pour disposer d’un espace réellement tempéré.

Pour les personnes à risque (seniors, personnes malades, femmes enceintes), ces aménagements domestiques peuvent faire la différence entre un épisode de chaleur supportable et une situation dangereuse. Si vous vivez dans un logement mal isolé, n’hésitez pas à repérer en amont les lieux publics frais à proximité (bibliothèque, centre commercial, cinéma, salle municipale climatisée) où vous pourrez passer quelques heures aux heures les plus chaudes. Enfin, pensez à couper ou à débrancher les appareils électriques non indispensables, qui produisent de la chaleur même en veille : c’est parfois dans ces détails que l’on gagne quelques précieux degrés.

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