# Le rôle du médecin dans le suivi des maladies chroniques
Les maladies chroniques représentent aujourd’hui la première cause de mortalité dans les pays développés et constituent un défi sanitaire majeur pour les systèmes de santé. Diabète, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou encore maladies auto-immunes touchent près de 20 millions de Français, soit un tiers de la population adulte. Face à cette réalité épidémiologique, le médecin généraliste occupe une position stratégique dans la prise en charge de ces pathologies. Son expertise médicale, sa proximité avec le patient et sa vision globale de la santé en font l’acteur central du parcours de soins. La qualité du suivi médical influence directement le pronostic, la prévention des complications et la qualité de vie des personnes atteintes de pathologies chroniques.
La consultation médicale initiale et l’établissement du diagnostic des pathologies chroniques
Le diagnostic d’une maladie chronique constitue une étape déterminante dans le parcours de santé du patient. Cette phase initiale repose sur une démarche clinique rigoureuse qui combine l’interrogatoire médical, l’examen physique et la prescription d’examens complémentaires ciblés. Le médecin doit adopter une approche méthodique pour identifier avec précision la pathologie et évaluer sa sévérité. Cette étape diagnostique conditionne l’ensemble de la stratégie thérapeutique ultérieure et nécessite une attention particulière aux détails cliniques qui peuvent orienter vers une pathologie chronique plutôt qu’une affection aiguë.
L’anamnèse approfondie et les antécédents familiaux dans le dépistage du diabète de type 2
L’interrogatoire médical représente le socle de toute démarche diagnostique. Dans le cas du diabète de type 2, le médecin recherche systématiquement les facteurs de risque cardiovasculaires associés : surpoids, sédentarité, antécédents familiaux de diabète. Vous devez comprendre que la présence de parents diabétiques au premier degré multiplie par trois le risque de développer la maladie. Le praticien s’intéresse également aux symptômes évocateurs comme la polyurie, la polydipsie ou l’asthénie. Cette exploration minutieuse permet d’orienter le diagnostic avant même la prescription d’examens biologiques.
Les examens complémentaires prescrits pour le diagnostic du syndrome métabolique
La prescription d’examens paracliniques ciblés confirme les hypothèses diagnostiques. Pour le syndrome métabolique, le médecin prescrit un bilan biologique complet incluant la glycémie à jeun, le bilan lipidique avec dosage du cholestérol total, du LDL-cholestérol, du HDL-cholestérol et des triglycérides. La mesure de la tension artérielle et du tour de taille complète ce bilan initial. Ces données permettent d’identifier les patients présentant au moins trois des cinq critères définissant le syndrome métabolique, selon les recommandations internationales. Cette approche systématique facilite la détection précoce des anomalies métaboliques avant l’apparition de complications cardiovasculaires.
L’évaluation de la fonction rénale par la clairance de la créatinine dans l’insuffisance rénale chronique
L’insuffisance rénale chronique progresse souvent de manière silencieuse pendant plusieurs années. Le médecin évalue la fonction rénale par le dosage de la créatininémie et le calcul du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) selon
les formules CKD-EPI ou MDRD. La clairance de la créatinine permet de classer le stade de l’insuffisance rénale chronique et d’adapter précocement la prise en charge. Vous devez savoir qu’une baisse progressive du DFGe en dessous de 60 mL/min/1,73 m² pendant plus de trois mois signe une atteinte rénale chronique. Le médecin généraliste vérifie également la présence d’anomalies urinaires (protéinurie, hématurie) qui orientent vers une atteinte glomérulaire ou tubulo-interstitielle. Cette évaluation initiale est indispensable pour ajuster les traitements potentiellement néphrotoxiques et prévenir l’aggravation de la maladie rénale.
Le bilan lipidique et les marqueurs inflammatoires dans le suivi cardiovasculaire
Dans le cadre du suivi cardiovasculaire, le médecin généraliste prescrit régulièrement un bilan lipidique complet associant cholestérol total, LDL-c, HDL-c et triglycérides. Ces paramètres permettent d’évaluer le risque cardiovasculaire global et de déterminer les objectifs thérapeutiques, notamment en cas de diabète ou de syndrome métabolique. Les marqueurs inflammatoires, comme la CRP ultrasensible, peuvent également être utilisés pour affiner l’évaluation du risque, en particulier chez les patients présentant plusieurs facteurs de risque associés. En pratique, le suivi biologique s’accompagne d’une évaluation clinique minutieuse : tension artérielle, indice de masse corporelle, tour de taille et recherche de douleurs thoraciques ou de dyspnée d’effort. Cette approche globale permet au médecin d’anticiper les complications cardiovasculaires majeures comme l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral.
Le parcours de soins coordonné et la stratégie thérapeutique personnalisée
Une fois le diagnostic de maladie chronique posé, le médecin généraliste élabore avec le patient une stratégie thérapeutique personnalisée. Ce plan de soins tient compte de la sévérité de la pathologie, des comorbidités, mais aussi du mode de vie, des contraintes professionnelles et familiales. Le parcours de soins coordonné repose sur la collaboration entre différents professionnels de santé : spécialistes, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, diététiciens ou psychologues. Le médecin traitant reste toutefois le chef d’orchestre de cette coordination, garant de la cohérence des décisions médicales et du suivi à long terme. L’objectif est d’optimiser l’efficacité des traitements tout en préservant la qualité de vie et l’autonomie de la personne malade.
La prescription initiale des antihypertenseurs et l’ajustement posologique progressif
Dans la prise en charge de l’hypertension artérielle, le médecin généraliste débute le traitement par des antihypertenseurs en s’appuyant sur les recommandations de la HAS et de l’ESC. La prescription initiale tient compte du niveau de pression artérielle, de l’âge, de la fonction rénale et des autres facteurs de risque cardiovasculaire. Souvent, une monothérapie est proposée en première intention, associée à des mesures hygiéno-diététiques (réduction du sel, perte de poids, activité physique régulière). Ensuite, l’ajustement posologique s’effectue progressivement lors de consultations rapprochées, afin d’atteindre les objectifs tensionnels sans provoquer d’effets indésirables comme les hypotensions symptomatiques ou les troubles électrolytiques.
Vous vous demandez peut-être pourquoi cet ajustement se fait par étapes ? Tout simplement parce que chaque patient réagit différemment aux médicaments, un peu comme une clé qui n’entre pas de la même façon dans chaque serrure. Le médecin surveille donc la tension artérielle, la tolérance clinique et biologique (créatininémie, kaliémie) et ajoute, si besoin, un deuxième voire un troisième antihypertenseur d’une autre classe. Cette stratégie progressive et personnalisée permet de réduire le risque d’accidents cardiovasculaires tout en maintenant un bon confort de vie.
L’éducation thérapeutique du patient atteint de BPCO selon les recommandations de la HAS
Pour les patients atteints de BPCO, le rôle du médecin ne se limite pas à prescrire des bronchodilatateurs ou des corticoïdes inhalés. L’éducation thérapeutique occupe une place centrale dans la prise en charge, conformément aux recommandations de la HAS. Le médecin généraliste explique au patient le mécanisme de la maladie, l’intérêt du sevrage tabagique et la bonne utilisation des dispositifs d’inhalation. Une mauvaise technique d’inhalation peut réduire de moitié l’efficacité du traitement, d’où l’importance des démonstrations pratiques au cabinet.
Le programme d’éducation thérapeutique inclut également la reconnaissance précoce des signes de décompensation (majoration de la dyspnée, augmentation des expectorations, fièvre) afin de consulter rapidement. Comme pour un détecteur de fumée qui permet d’intervenir avant l’incendie, cette vigilance quotidienne limite le recours aux hospitalisations d’urgence. Le médecin peut orienter le patient vers des séances de réhabilitation respiratoire, essentielles pour améliorer la tolérance à l’effort, réduire l’essoufflement et favoriser le maintien des activités de la vie quotidienne.
La coordination avec l’endocrinologue pour l’optimisation de l’insulinothérapie
Chez les patients diabétiques nécessitant une insulinothérapie, le médecin généraliste travaille en étroite collaboration avec l’endocrinologue. Cette coordination est particulièrement importante lors de l’initiation de l’insuline ou lors de changements majeurs de schéma thérapeutique (passage à un basal-bolus, utilisation de schémas mixtes, mise en place de capteurs de glycémie). Le généraliste assure le relais au quotidien : adaptation des doses en fonction des glycémies capillaires, surveillance des hypoglycémies, prise en compte des modifications du mode de vie (vacances, activité physique, changement d’horaires de travail).
Concrètement, le médecin généraliste reste votre interlocuteur privilégié pour ajuster les doses d’insuline entre deux consultations spécialisées. Il vérifie le carnet de glycémies, discute de l’alimentation et des prises alimentaires décalées, et repère les situations à risque comme la consommation d’alcool ou les gastro-entérites. Grâce à ce suivi rapproché, il est possible de limiter les variations glycémiques importantes, véritables montagnes russes métaboliques responsables, à long terme, de complications micro et macrovasculaires.
Le plan de prise en charge pluridisciplinaire dans les maladies auto-immunes chroniques
Les maladies auto-immunes chroniques, telles que la polyarthrite rhumatoïde, le lupus ou la sclérose en plaques, nécessitent une organisation pluridisciplinaire structurée. Le médecin généraliste coordonne les interventions du rhumatologue ou de l’interniste, du neurologue, mais aussi du kinésithérapeute, du psychologue et parfois de l’assistant social. Il veille à la mise en place des traitements de fond (méthotrexate, biothérapies, immunosuppresseurs) et à la prévention de leurs effets secondaires (surveillance hépatique, hématologique ou infectieuse).
Cette coordination permet de ne pas perdre de vue la personne derrière la maladie. Vous pouvez avoir l’impression de jongler entre différents spécialistes ; le médecin traitant agit alors comme un fil conducteur, s’assurant que chaque intervention s’inscrit dans un projet de soins cohérent. Il prend en compte les répercussions professionnelles (aménagement de poste, temps partiel thérapeutique) et personnelles (fatigue chronique, douleurs, impact sur la vie sociale), afin d’adapter au mieux les traitements et le rythme de suivi.
Le monitoring médical régulier et l’adaptation du traitement de fond
Le suivi des maladies chroniques repose sur un monitoring médical régulier, associant consultations programmées, examens complémentaires et auto-surveillance par le patient. Ce suivi au long cours permet d’évaluer l’efficacité des traitements de fond, de détecter précocement une décompensation ou un effet indésirable, et d’ajuster la stratégie thérapeutique. Le médecin généraliste joue un rôle pivot dans cette phase, en organisant la fréquence des contrôles, en interprétant les résultats et en expliquant clairement les adaptations à mettre en place. Sans ce pilotage continu, le risque est de laisser la maladie évoluer silencieusement vers des complications irréversibles.
La surveillance de l’HbA1c et de la glycémie capillaire dans la gestion du diabète
Dans la prise en charge du diabète, l’HbA1c constitue le marqueur de référence du contrôle glycémique à long terme. Le médecin généraliste prescrit généralement ce dosage tous les trois à six mois, en fonction de la stabilité de la maladie et des objectifs définis avec le patient. Une HbA1c supérieure aux cibles fixées (souvent entre 7 et 8 % selon le profil du patient) conduit à réévaluer le traitement : intensification des antidiabétiques oraux, introduction ou adaptation de l’insulinothérapie, renforcement des mesures hygiéno-diététiques.
Parallèlement, la glycémie capillaire auto-mesurée permet d’ajuster finement les prises alimentaires, l’activité physique et les doses d’insuline. Le médecin explique au patient comment interpréter ses résultats, un peu comme un tableau de bord de voiture qui renseigne sur la consommation et l’autonomie restante. Il insiste sur la régularité des contrôles, notamment avant les repas, au coucher ou en cas de malaise. Cette collaboration étroite entre le suivi biologique trimestriel et l’auto-surveillance quotidienne est la clé d’un équilibre glycémique durable.
Les consultations de suivi trimestrielles pour l’évaluation de l’observance thérapeutique
L’observance thérapeutique constitue un enjeu majeur dans la réussite du traitement des maladies chroniques. Les consultations de suivi, souvent trimestrielles, sont l’occasion pour le médecin généraliste d’évaluer de manière bienveillante la façon dont le patient suit ses prescriptions. Il ne s’agit pas de « contrôler » mais plutôt de comprendre les freins : oubli de prises, effets secondaires, manque de compréhension des enjeux, contraintes professionnelles ou familiales. En pratique, le médecin peut s’appuyer sur le pilulier, le renouvellement des ordonnances ou les données issues d’applications de suivi pour objectiver l’observance.
Vous hésitez parfois à dire à votre médecin que vous oubliez un comprimé ? Sachez qu’un discours transparent permet d’adapter le traitement : simplification des schémas, passage à des formes à libération prolongée, implication du pharmacien dans l’éducation médicamenteuse. Ces consultations de suivi sont aussi le moment d’ajuster les conseils de mode de vie (activité physique, alimentation, sommeil) et de dépister d’éventuels signes de fatigue psychologique ou de dépression, fréquents dans le vécu des maladies chroniques.
L’ajustement des traitements anticoagulants selon l’INR chez les patients en fibrillation auriculaire
Chez les patients atteints de fibrillation auriculaire traités par antivitamines K, le suivi de l’INR est indispensable pour maintenir l’équilibre entre risque thromboembolique et risque hémorragique. Le médecin généraliste organise la fréquence des contrôles, plus rapprochés en cas de modification de dose, d’intercurrent infectieux ou de changement de traitement associé. L’objectif est de maintenir l’INR dans la zone thérapeutique définie, généralement entre 2 et 3 pour la plupart des indications.
Lorsque l’INR est trop bas, le risque de formation de caillots augmente ; lorsqu’il est trop élevé, ce sont les hémorragies qui menacent. Le médecin ajuste donc les doses en tenant compte de l’alimentation (apports en vitamine K), de la consommation d’alcool et des interactions médicamenteuses. Pour les patients sous anticoagulants oraux directs, le suivi repose davantage sur l’évaluation clinique et la fonction rénale, mais le principe reste le même : adapter le traitement en continu afin de minimiser les risques tout en protégeant efficacement le cœur et le cerveau.
La spirométrie de contrôle et le test de marche de 6 minutes dans l’asthme sévère
Dans l’asthme sévère, la spirométrie de contrôle est un outil clé pour évaluer l’efficacité du traitement de fond et l’évolution de la fonction respiratoire. Le médecin généraliste programme régulièrement ces examens, souvent en lien avec un pneumologue, afin de mesurer le VEMS, le rapport VEMS/CV et la réversibilité après bronchodilatateur. Les résultats sont comparés aux valeurs de référence et aux mesures antérieures, ce qui permet de détecter une dégradation progressive ou une mauvaise observance des traitements inhalés.
Le test de marche de 6 minutes complète cette évaluation en appréciant la tolérance à l’effort et la survenue éventuelle de désaturation en oxygène. Vous voyez ainsi, de manière très concrète, comment votre souffle évolue dans la vie réelle, au-delà des chiffres. En fonction des résultats, le médecin peut renforcer l’éducation à l’utilisation des inhalateurs, adapter le traitement de fond, voire orienter vers des biothérapies spécifiques pour l’asthme sévère non contrôlé.
La prévention des complications et le dépistage des comorbidités associées
La prévention des complications est au cœur du suivi des maladies chroniques. Le médecin généraliste ne se contente pas de stabiliser la maladie principale ; il anticipe également les atteintes d’organes à long terme et les pathologies associées. Ce travail de dépistage systématique repose sur des examens cliniques et paracliniques programmés, en fonction du type de maladie et de son ancienneté. En adoptant cette approche proactive, il est possible de détecter des complications encore silencieuses et de mettre en place des mesures correctrices avant l’apparition de symptômes irréversibles.
L’examen du fond d’œil annuel pour prévenir la rétinopathie diabétique
Chez le patient diabétique, l’examen du fond d’œil annuel est indispensable pour dépister précocement la rétinopathie diabétique. Le médecin généraliste rappelle régulièrement cette recommandation et oriente le patient vers un ophtalmologiste ou un dispositif de rétinographie non mydriatique. Cette surveillance s’avère d’autant plus nécessaire que la rétinopathie reste longtemps asymptomatique ; les troubles visuels n’apparaissent que lorsque les lésions sont déjà avancées.
En pratique, un fond d’œil normal n’autorise pas pour autant un relâchement du suivi. Le médecin profite de chaque consultation pour sensibiliser à l’équilibre glycémique, tensionnel et lipidique, véritables piliers de la prévention de la rétinopathie. Vous l’aurez compris : protéger vos yeux passe avant tout par un contrôle strict de votre diabète au quotidien, l’examen ophtalmologique venant confirmer que les efforts consentis portent leurs fruits.
Le dépistage systématique de la néphropathie par la microalbuminurie
La microalbuminurie représente un marqueur précoce de l’atteinte rénale chez le diabétique et chez certains patients hypertendus. Le médecin généraliste prescrit régulièrement un dosage d’albumine urinaire, sur échantillon ou sur collecte de 24 heures, afin de détecter cette excrétion anormale de protéines. Une microalbuminurie persistante traduit une souffrance des glomérules rénaux et impose un renforcement de la prise en charge : optimisation du contrôle tensionnel (souvent par IEC ou ARA2), amélioration de l’équilibre glycémique, correction des facteurs de risque associés.
Pourquoi ce dépistage est-il si important ? Parce qu’il permet d’intervenir à un stade où l’insuffisance rénale est encore réversible ou, au minimum, stabilisable. En complément, le médecin surveille régulièrement la créatininémie, le DFGe et la kaliémie, en particulier chez les patients traités par médicaments néphroprotecteurs. Cette stratégie de dépistage et de prévention contribue à retarder, voire à éviter, la progression vers l’insuffisance rénale terminale et la dialyse.
La surveillance podologique et le score de risque podologique chez le patient diabétique
Les complications podologiques du diabète, telles que les ulcères du pied ou les amputations, représentent une cause majeure de morbidité et de perte d’autonomie. Le médecin généraliste effectue donc régulièrement un examen minutieux des pieds : inspection de la peau, des ongles, recherche de callosités, de plaies, de déformations osseuses et évaluation de la sensibilité par le monofilament. Il palpe également les pouls périphériques pour dépister une artériopathie oblitérante des membres inférieurs.
Sur cette base, un score de risque podologique est établi, permettant de classer le patient en différents niveaux de risque et de déterminer la fréquence du suivi spécialisé. Les patients à haut risque bénéficient d’un suivi rapproché en podologie et de séances de soins de pédicurie pris en charge. Le médecin insiste sur les mesures préventives simples mais essentielles : inspection quotidienne des pieds, port de chaussures adaptées, hygiène rigoureuse. Comme la carrosserie d’une voiture qu’on surveille pour éviter la rouille, vos pieds méritent une attention quotidienne pour prévenir des dégâts souvent irréversibles.
La télémédecine et les outils numériques dans le suivi des maladies chroniques
Le développement de la télémédecine et des outils numériques a profondément transformé le suivi des maladies chroniques. Le médecin généraliste dispose désormais de solutions de télésurveillance, d’applications mobiles et de dossiers médicaux partagés permettant un suivi plus réactif et plus personnalisé. Ces innovations facilitent la communication entre le patient et les professionnels de santé, réduisent les déplacements inutiles et améliorent l’observance thérapeutique. Elles ne remplacent pas la relation en face à face, mais la complètent intelligemment, notamment pour les personnes à mobilité réduite ou vivant en zones sous-dotées.
Les plateformes de télésurveillance médicale pour les patients insuffisants cardiaques
Chez les patients insuffisants cardiaques, les plateformes de télésurveillance permettent de suivre à distance des paramètres clés comme le poids, la tension artérielle, la fréquence cardiaque ou la survenue de symptômes (dyspnée, œdèmes, fatigue inhabituelle). Le médecin généraliste reçoit des alertes en cas de variation significative, ce qui lui permet d’intervenir rapidement : ajustement des diurétiques, modification du traitement de fond, programmation d’une consultation en urgence.
Des études françaises ont montré que ces dispositifs de télésurveillance réduisent les hospitalisations pour décompensation cardiaque et améliorent la qualité de vie des patients. Vous pouvez ainsi rester à votre domicile tout en bénéficiant d’un « filet de sécurité » médical. Le médecin veille toutefois à adapter ces outils au profil de chaque patient, en tenant compte de son autonomie numérique, de ses capacités cognitives et de son entourage.
L’utilisation des applications mobiles de suivi glycémique connectées au dossier médical partagé
Dans le diabète, les applications mobiles de suivi glycémique et les capteurs de glucose en continu ont révolutionné la gestion au quotidien. Le patient saisit ou transmet automatiquement ses glycémies, ses prises alimentaires et ses doses d’insuline, tandis que le médecin peut consulter ces données via un accès sécurisé, parfois intégrées au dossier médical partagé. Cette vision en temps réel permet d’identifier des tendances (hypoglycémies nocturnes, pics post-prandiaux) et d’ajuster rapidement le traitement.
Pour vous, cela se traduit par un accompagnement plus fin, sans attendre la prochaine consultation physique. Le médecin généraliste joue un rôle clé pour choisir l’outil adapté, expliquer son fonctionnement et interpréter les données. Il reste cependant vigilant à ne pas surcharger le patient d’informations, en privilégiant des indicateurs simples et utiles pour la prise de décision.
Les consultations en téléconsultation pour le renouvellement d’ordonnance des traitements au long cours
La téléconsultation s’est imposée comme un outil pratique pour le renouvellement d’ordonnances et le suivi de certaines maladies chroniques stables. Le médecin généraliste peut ainsi faire le point sur l’efficacité et la tolérance des traitements, vérifier l’observance et ajuster, si nécessaire, les posologies, sans que vous ayez à vous déplacer. Ce format est particulièrement adapté pour les patients vivant loin du cabinet, ceux à mobilité réduite ou pendant des périodes de crise sanitaire.
Bien sûr, toutes les situations ne se prêtent pas à la téléconsultation. Le médecin sait identifier les cas où un examen clinique est indispensable : apparition de nouveaux symptômes, décompensation d’une maladie chronique, suspicion de complication aiguë. Utilisée avec discernement, la téléconsultation renforce l’accessibilité aux soins tout en préservant la qualité de la relation médecin-patient.
La gestion des situations d’urgence et l’hospitalisation programmée
Malgré un suivi rigoureux, les maladies chroniques peuvent parfois se décompenser brutalement et nécessiter une prise en charge urgente. Le médecin généraliste doit alors réagir rapidement pour stabiliser le patient, décider de l’orientation la plus adaptée et préparer, le cas échéant, une hospitalisation. À l’inverse, certaines situations relèvent d’hospitalisations programmées, planifiées en amont pour réaliser des bilans approfondis ou des traitements spécifiques. Dans les deux cas, le médecin traitant exerce un rôle central de coordination et d’information, garantissant la continuité des soins entre la ville et l’hôpital.
Le protocole de prise en charge des décompensations aiguës dans l’insuffisance cardiaque
En cas de décompensation aiguë d’insuffisance cardiaque, le médecin généraliste reconnaît les signes d’alerte : prise de poids rapide, œdèmes des membres inférieurs, dyspnée au moindre effort, orthopnée ou dyspnée nocturne paroxystique. Selon la gravité des symptômes, il peut mettre en place un traitement initial au cabinet ou à domicile (augmentation des diurétiques, repos strict, surveillance rapprochée) tout en organisant une admission rapide en service de cardiologie si nécessaire.
Un protocole de prise en charge clair, souvent élaboré avec le cardiologue, permet de gagner un temps précieux. Le médecin transmet au service hospitalier le résumé du suivi, les traitements en cours et les événements récents, afin de faciliter la prise en charge. Après l’hospitalisation, il assure le relais, ajuste les prescriptions et renforce l’éducation thérapeutique pour limiter le risque de nouvelle décompensation.
L’orientation vers les urgences lors de l’acidocétose diabétique ou du coma hyperosmolaire
Les complications aiguës du diabète, comme l’acidocétose diabétique ou le coma hyperosmolaire, constituent de véritables urgences vitales. Le médecin généraliste doit savoir les reconnaître rapidement : hyperglycémie majeure, douleurs abdominales, vomissements, respiration rapide, troubles de la conscience, déshydratation sévère. Face à ce tableau, il ne cherche pas à gérer seul la situation mais organise sans délai un transfert vers les services d’urgences ou de réanimation médicale.
Son rôle est alors d’alerter le SAMU, de transmettre les informations essentielles (contexte, traitements, antécédents) et, si possible, de débuter une réhydratation ou une oxygénothérapie. En amont, tout l’enjeu du suivi des maladies chroniques consiste à prévenir ces situations extrêmes : éducation du patient sur la conduite à tenir en cas d’hyperglycémie importante, ajustement précoce de l’insuline lors des infections ou des situations de stress, vérification régulière des connaissances sur la gestion de la maladie.
La planification des hospitalisations de jour pour les perfusions de biothérapies dans la polyarthrite rhumatoïde
Dans certaines maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde, les biothérapies intraveineuses nécessitent des hospitalisations de jour régulières. Le médecin généraliste participe à la planification de ces séjours en lien avec le rhumatologue et le service d’hôpital de jour. Il s’assure que les bilans pré-thérapeutiques sont à jour (bilan infectieux, fonction hépatique et rénale, hémogramme) et que les vaccinations recommandées ont été réalisées.
Pour vous, cela signifie un parcours plus fluide : les dates d’hospitalisation sont anticipées, les analyses sont prescrites à l’avance et les résultats transmis au service hospitalier. Après chaque séance de perfusion, le médecin traitant reste l’interlocuteur principal pour surveiller la tolérance du traitement, dépister d’éventuelles infections et évaluer l’impact sur les symptômes articulaires et la qualité de vie. Cette organisation coordonnée contribue à sécuriser des traitements puissants tout en limitant les interruptions inutiles.
